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Le p'tit conseil naturel

Widgecolo tout sur le bio

Publié par Ali Birouni

En effet, les défenseurs de l'écologie de tout bord, doivent se garder de faire de leur passion ou de leur lutte un nouveau dogme. L'écologie doit rester un lieu de débats ouvert à la critique, à la contradiction, et aux multiples remises en cause.  C'est à dire une "science" non pas bourrée de certitudes mais de questionnements. Un ensemble, non pas figé, mais en perpétuel mouvement, où la liberté individuelle aura tout son sens.

Ne jamais chercher à instaurer un rite, un vocabulaire, des actions immuables, car la défense de la nature ne saurait durer et être efficace qu'en laissant une large part de liberté à l'intelligence de chacun.

Pas de dogme donc, pas d'us ni de nouvelles valeurs communes, mais un travail pédagogique de chaque instant, des études comparatives étalées dans le temps et l'espace, des références solides, des résultats concrets, et enfin,   un cadre de vie sans cesse amélioré.

Si le rôle des religions est de conditionner l'homme en le menaçant des foudres de l'enfer afin de l'amener à respecter une morale, des règles, un contrat social...etc, celui de l'écologie ne saurait être un forum géant où l'homme serait culpabilisé et menacé sans cesse de la fin du monde prochaine, s'il ne change pas ses habitudes. Mais dire qu'un monde meilleur est possible où chaque être vivant aura sa place, d'où la fatalité sera bannie, si nous sommes capables de révolutionner - d'adapter est plus juste-  notre façon de vivre et de fonctionner.

Soyons tous d'accord! En défendant l'environnement, le but n'est pas de parvenir à deux mondes séparés et parallèles: d'un côté les hommes vivant dans les cités, confortablement, et, de l'autre, une nature sauvage où la faune et la flore seront Reines et qu'il ne viendrait à personne l'idée d'aller déranger, sauf à les observer et les contempler de loin avec des longues vues.

Défendre l'écologie, c'est être capable de concilier ces deux mondes, voire de les réconcilier, et pouvoir ériger des passerelles constructives et surtout complémentaires entre eux, en rééquilibrant justement la balance qui, jusqu'ici, penche plutôt en notre faveur.

 

Dans le cas du Djurdjura, nous n'appelons pas à ce que le parc national soit décrété zone interdite à toute présence humaine, mais à revoir notre rapport à cette montagne de façon intelligente et rationnelle, surtout lorsque nous savons qu'elle renferme une richesse naturelle exceptionnelle et rare en Algérie, apanage des pays de l'hémisphère nord de la planète ou de l'Afrique profonde, offrant un intérêt aussi bien scientifique,  culturel qu' économique. Il appartient avant tout aux autochtones de s'organiser autour de leur bien commun pour savoir de quelle façon ils pourraient, à l'avenir, en tirer profit tout en le préservant, tout en sachant que leur bonne volonté, à elle seule, ne saurait venir à bout des menaces qui pèsent sur tout un écosystème. La puissance publique doit y mettre du sien également, ne serait-ce qu'au niveau de la réglementation et de l'accompagnement des initiatives et des projets.

 

Nous éprouvons tous du plaisir à nous y rendre et à y respirer le grand air. Notre plus grand défi -et devoir aussi- serait  que dans 100 ans, 200 ans, ceux qui s'y rendront encore, éprouveront les mêmes sensations de bien-être et de liberté.

 

L'écologie n'est pas, et ne peut être une nouvelle religion même si elle en a tout l'air (  il est vrai qu'elle a  ses dévots et ses  faux dévots ). Elle devrait être un lieu de rencontres et de partages: rencontres des hommes entre eux d'abord, d'avec la nature ensuite. Partage des connaissances, mais surtout de l'effort et des contraintes. L'écologie telle que nous la concevons est l'économie, la culture, l'identité, le modus vivendi -dans le sens de mode de vie et de compromis- de demain. Chercher à y échapper serait nous aliéner définitivement et nous mener tout droit vers un chemin sans issue et/ou tortueux.

 

Alors, l'écologie... une nouvelle religion? Sans prophète en tout cas.

 

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