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Le p'tit conseil naturel

Widgecolo tout sur le bio

Publié par ADD

Que la montagne est belle! chantait Ferrat. Mais sa beauté se nourrit de la misère des montagnards, lui rétorque Ferhat en écho. Et, depuis peu, l'album est prévu pour début 2013, Idir aussi y met du sien, puisqu'il se demande dans "Adrar-inu", à quelle malédiction doit-on notre inféconde régression. Mais ils ont beau chanter la montagne sous toutes les coutures, dans toutes les langues et dans toutes les humeurs, elle, reste fière et imperturbable, semblant dire : "J'étais là avant vous, je serai toujours là après vous. Je suis votre mère nourricière, votre humble protecteur, la gardienne de vos valeurs et le témoin de votre histoire."

 

djurdjura2012-359.JPG 

 

De quelle montagne pouvons-nous nous mettre à rêver pour ne plus avoir à ressentir la nécessité de partir, d'aller vivre ailleurs?

 

Si nous commencions déjà par brûler nos ordures en un endroit unique et fermé. De la combustion de ces déchets se dégagerait une chaleur qui irait dans des boyaux souterrains réchauffer les édifices publics comme les mairies, les postes, les écoles, les centres de santé et les centres culturels. Ainsi, nous aurons résolu plusieurs problèmes grâce à la mise en place d'un système ingénieux dont un prototype immense a vu le jour et fonctionne en Belgique. Il suffit de s'en inspirer; les belges sont des gens sympathiques certainement capables de nous refiler la technologie. 

Qui va mettre en place pareille centrale, fort coûteuse, quand on sait que le secteur public, moribond,  ne fonctionne plus comme le bon sens l'aurait voulu, et que le secteur privé, formé le plus souvent d'une bourgeoisie sans culture bourgeoise, n'a pas ancré en lui une dynamique d'investissement créatrice de richesses et de bien être collectif. Eh bien, le jour où nous aurons la réponse à cette question, dites-vous bien que ce jour là, 80% de nos soucis quotidiens disparaîtront, comme par magie.

 

Revendiquer le confort dans la montagne, ce n'est pas sortir dans la rue crier sa colère contre l'Etat  qui ne met pas en place un réseau de gaz naturel (link), c'est demander à ce même Etat de nous aider à planter des arbres par milliers là où c'est possible - et Dieu sait combien d'endroits ont besoin d'être boisés -  et créer ainsi des bois et forêts à gérer durablement pour que tous, nous ayons accès à un chauffage propre et moins coûteux. De nos jours, les cheminées nouvelle génération permettent une répartition intelligente de la chaleur dans chaque recoin de la maison. Et les autorités publiques pourraient même aller jusqu'à en subventionner l'acquisition, car elles auraient tout à y gagner.

 

Ensuite, poussons la technologie plus loin : confions à une centrale unique le soin de gérer notre consommation d'énergie électrique et d'eau que nous utilisons pour nos besoins domestiques. Pour ce faire, nous devons faire confiance à nos informaticiens, électriciens, mécaniciens... J'en connais qui sont sortis de l'université algérienne et dont le génie est universel. Demandons-leur de nous mettre en place le système suivant :

- Pour ce qui est de l'électricité : Au lieu d'appuyer sur l'interrupteur ou le bouton d'une quelconque machine à la maison pour allumer la lumière ou mettre en marche la télé, faire en sorte que appuyer sur un interrupteur ou un bouton, c'est demander l'autorisation à une centrale informatique de bien vouloir éclairer la pièce ou mettre en marche la télé. C'est la centrale qui autorisera -ou pas- la demande, selon la quantité d'énergie disponible dans les réseaux et selon les priorités. De la sorte, rien ne sera plus jamais acquis. Rien ne sera plus comme avant. Si la télé fonctionne sans que personne ne soit devant, le programme s'interrompt automatiquement au bout d'un certain temps (trop de télés marchent pour rien), et si l'on est toujours devant son poste à suivre un programme, il suffit de renouveler la demande en cliquant sur sa télécommande. Ainsi, nous éviterons les problèmes de saturation et de pannes à répétition , surtout lors des pics de consommation en périodes hivernales et estivales, nous ferons des économies et enfin, nous utiliserons l'énergie de façon raisonnée et intelligente, dans le respect de l'environnement.

- Pour ce qui est de l'eau : Dans chaque maison, au dessus des douches ou cuisines, mettre en place des mini-stations de recyclage des eaux utilisées. Cela permettra de ne plus rejeter indéfiniment dans la nature une eau polluée et, de plus, faire faire des économies importantes aux collectivités en mettant un  terme à la mise en place de stations d'épuration gigantesques, trop souvent en panne, car nécessitant énormément d'argent pour leur entretien.

 

Je pousse encore le rêve jusqu'à voir des montagnards se surprendre à vouloir s'organiser autrement, en joignant leur volonté et leurs moyens pour réhabiliter l'ensemble de leur patrimoine. Ils se regrouperont dans de toutes petites entreprises collectives afin de verdir à nouveau les jardins ancestraux, réunir toutes les semences de légumes stockées, puis oubliées, dans des bocaux de fortune au fin fond de quelques chaumières, et dont certaine variétés de haricots, de tomate, de piment...sont uniques et propres au Djurdjura. Les mettre à l'abri ( c'est un trésor inestimable ), les développer pour aboutir, finalement, à une production potagère er maraîchère spécifique et biologique, non plus de subsistance, mais intensive. Agir tout aussi de la même façon pour redonner ses lettres de noblesse à un patrimoine architectural et archéologique d'une inouïe richesse, qu'il reste à évaluer. Mais le rêve ne s'arrête pas là, tant les habitants des montagnes sont à même, et la marge de manoeuvre est sans fin, de se mettre d'accord pour en tirer collectivement bénéfice, autour d'un programme de plantation et de gestion d'arbres ( fruitiers et autres ), des transports collectifs, des services culturels, d'une offre touristique...etc

 

Mais j'ai conscience, et là je ne rêve plus, que tout cela ne pourra voir le jour que si les mentalités sont définitivement débarrassées de leurs scories, car ce sont elles qui entravent le libre arbitre de notre pensée, nous maintiennent dans un état intellectuel végétatif qui nous empêche de réfléchir et d'agir par nous-mêmes.   

 

De quoi pourrais-je encore rêver pour nos montagnes? De vous voir tous laisser libre cours à vos rêves et de passer, enfin,  du rêve à la réalité.

C'est demain que sera célébrée la journée internationale de la montagne. Pensez-y! 

    djurdjura2012 130

 

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