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Le p'tit conseil naturel

Widgecolo tout sur le bio

Publié par Ali Birouni.

En kabylie, tout se prête à la culture de jardins biologiques: d'abord l'état d'esprit, ensuite la tradition, le manque de moyens mécanisés et chimiques, l'abondance d'eau, la configuration des lopins cultivables, le climat, la cherté des fruits et des légumes...etc

Je me souviens qu'autour de chaque village du Djurdjura, existait un espace verdoyant, y compris en temps de canicule, communément appelé " Tibhirine", et où chaque famille disposait d'une parcelle de terrain qu'elle cultivait de toutes sortes de légumes pour les besoins de l'auto-consommation. Nombre de ces jardins potagers sont aujourd'hui à l'abandon, assaillis par les buissons, suite à l'exode des villageois vers les villes. Je me dis que peut-être est venu le temps du retour des lieux à leur vocation, parce que nous sommes spectateurs d'un retour au jardinage biologique à très grande échelle; une méthode qui, non seulement est favorable à notre santé, mais préserve aussi les sols ainsi que les nappes phréatiques. Ajoutons à cela les prix des produits bio qui valent au moins 3 fois ceux des produits non biologiques et vous comprendrez l'engouement.

Un jardin biologique est un jardinet familial ou une surface plus étendue dont le produit peut-être commercialisé. Cultivé dans un esprit nature, un jardin biologique se définit comme un endroit où les plantations cotoient les insectes, les oiseaux et les mauvaises herbes. L'objectif étant d'avoir un espace cultivé dans le respect de l'écosystème local et de l'environnement plus largement.
Cultiver son propre jardin, c'est contribuer à:
- Limiter l'usage des produits chimiques
- Recycler ses déchets
- Et réduire la pollution due aux transports ( réduire le nombre de camions allant jusque dans la banlieue d'Alger pour s'approvisionner en légumes et autres fruits)

bretagne-hiver09-005.JPG
Il est bon de rappeler quelques principes de ce qui fait un jardin bio: Engrais, insecticides et phongicides chimiques y sont prohibés. Rester inventif et créer ses propres recettes en s'inspirant des pratiques de nos grand-mères qui ont su maintenir les sols sains, à moindre coût. La fertilisation peut se faire par l'apport de compost et surtout de fumier, l'utilistaion d'engrais verts comme les chaumes et les résidus restants des production précédentes qui sont mélangés à la terre. Laisser les terres non cultivées enherbées pour leur éviter d'être lessivées. Récupérer l'eau de pluie pour arroser et choisir le moment pour le faire ( tôt le matin ou en fin de journée). Et, pour lutter contre les insectes ravageurs, exploiter la nature qui possède ses propres ressources, ses propres ressorts, en ayant recours à certains prédateurs comme les coccinelles contre les pucerons ou des plantes peu ou prou toxiques selon les parasites ciblés. L'oeillet et le thym sont aussi efficaces contre les pucerons. Quand ils infestent, utiliser un insecticide naturel: tremper du tabac dans de l'eau et vaporiser sur les zones concernées. L'ail et l'absinthe sont d'excellents fongicides ( agissent contre les cryptogammes). La fougère et l'ortie, de leur côté limitent les invasions d'insectes et sont de la sorte des agents prévenants. De la ciboulette ou de l'ail au pied du pommier vous permetrra de lutter contre la tavelure, etc...

Mais pour quelle raison s'échiner à manger bio alors que nous disposons de tout sur les étals de marché, me diriez-vous? Eh bien, pour de multiples raisons, dont les plus importantes sont listées ci-dessous:
- Cultiver soi-même son coin de jardin, c'est s'assurer au moins trente minutes d'exercice physique par jour , ce qui n'est pas rien.
- Les aliments bio contiennent plus de nutriments essentiels à la santé. N'importe quel médecin de votre entourage pourrait vous le confirmer. Ils contiennent des antioxydants qui ralentissent le viellissement de nos cellules, plus nourrissants car plus riches en vitamines et en fibre et on peut même manger leur peau, ce qui n'est pas le cas des aliments non biologiques que nous sommes obligés d'éplucher jusqu'à en perdre la substance.
- L'alimentation bio a en outre plus de goût car ayant, à maturité, une plus grande densité nutritionnelle et moins de teneur en eau. Ainsi nous pouvons retrouver dans les fruits et légumes bio toutes les saveurs et les senteurs naturelles oubliées car ils ne sont pas stockés dans des chambres froides.
- La réduction du budget "marché hebdomadaire" et peut-être même un surplus d'argent qui ira remplir quelque trou si vous produisez plus que vous n'en ayez besoin...



Visitez le site du jardinage biologique, vous y découvrirez plein d'astuces:link

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Le Breton des Ouadhias 15/02/2010 11:53


Excellent article. Oui je me souviens que dans les années 70, chaque famille disposait d'un petit lopin de terre où elle faisait croître naturellement des légumes pour son auto-consommation. Des
jardinets bien entretenus généralement par les femmes. Ah, c'était beau à voir ! L'amour du travail bien fait, le respect du sol et de la nature en général, les oliviers et les figuiers étaient
bêchés au pied pour permettre l'infiltration naturelle des eaux de pluie. Le Kabyle des montagnes dans sa dignité et sa fierté jouait son rôle de fellah comme dans une scène où le scénario était
tout simplement la nature qu'il protégeait et dont il en tirait le bénéfice pour son existence.
Puisque des frémissements de renouveau, de retour à une certaine agriculture naturelle et biologique dont les bienfaits ont été vantés dans cet article, ont l'air de se faire jour, alors on ne peut
que s'en réjouir grandement.


mohal 15/02/2010 16:40


Bonjour,
Nous te remercions et pour ton commentaire et pour ton enthousiasme. Tanemmirt. Amitiés.


saliha 08/02/2010 23:54


Bonsoir al.
A Tizi,depuis quelque temps,nous voyons sur certains étalages de marché,des légumes et autres végétaux bio et d'avant ,vendus par des jeunes ,et que ,les gens achètent avec plaisir ,même s'ils sont
un peu chers.Pour vous dire que ,le retour aux jardins familiaux est peut être  déjà entamé .Amitiés.


mohal 09/02/2010 17:50


Bonjour Saliha,
Merci d'en témoigner. Et de savoir que l'idée a déjà bourgeonné nous fait très plaisir. Il est tout aussi interéssant de savoir que certains prennent des initiatives.
Amitiés et à bientôt.


abbas toumert 07/02/2010 20:48


Bonsoir,

l'article est intéressant et suggère de façon plus large un retour à un développement économique plus équilibré. On réfléchit de plus en plus aux fonctions des espaces ruraux proches des villes
concurrencés par l'urbanisation, ce qui est sensible dans un pays du sud comme l'Algérie. Le principe du jardin est de loin le plus efficace dans ce pays méditerranéen, d'abord parce que la
l'importation de produits agricoles est massive, il faut donc renouer avec une autosuffisance alimentaire. Ensuite, il n'est pas sûr que l'on puisse assurer une conservation de ces produits
importés notamment ceux qui passent par la chaîne du froid, il est donc nécessaire d'avoir une source d'approvisionnement la plus proche des villages et villes d'Algérie. Enfin, le principe du
jardin est sûrement celui qui peut le mieux préserver les ressources en eau.

Bonne soirée


mohal 07/02/2010 21:06


Bonsoir Abbas,
Merci de ce complément que tu apportes à cet article qui, bien sûr, ne peut pas tout aborder. L'aménagement du territoire et la problématique économique sont en effet, d'autres facteurs
susceptibles de connaitre une évolution liée à la reprise en main de nos petits jardins de famille. Et comme l'a dit Abdelouahab dans son commentaire, offrir des pespectives de travail et
d'autonomie financière à beaucoup de jeunes "rongés" par le chômage. Un bon  début de semaine à toi et à une autre fois.


Karim Tedjani 07/02/2010 16:29


Bien parlé, Abdelhouahab votre commentaire est très judicieux et je partage votre avis...
Cordialement


KARAALI Abdelouahab 07/02/2010 15:33



C'est un article intéressant et utile pour nos jeunes désireux de se prendre en charge et de véhiculer les pratiques ancestrales qui ont fait la richesse de notre agriculture de
montagne. Aujourd'hui, plus que demain, nous devons remettre en valeur les terres laissées en jachère et participer à l'effort de l'autosuffisance alimentaire du pays par la production d'un
produit de qualité loin des intrants nocifs que sont les engrais minèraux, les pesticides...utilisés souvent à tort et qui empoisonnent le plus souvent leurs utilisateurs.
Un amateur de jardinage. AKAR.



mohal 07/02/2010 19:50


Bonsoir,
Je me dis que peut-être, nous retrouverons ces endroits qui, jadis étaient luxuriants. Merci d'être passé ami Abdelouahab et porte-toi bien. À bientôt.